Distanciation et Buy in, l'univers Brechtien à la mode Holdem

Publié le par Phil

Jouez-vous tous vos tournois de la même manière, en ne vous préoccupant pas du buy-in?

La plupart des joueurs de club auxquels je pose la question me répondent "Non", et certains ajoutent même "c'est évident"...
 Alors j ai décidé de me pencher sur la question, et il me semble qu'en fait cela n a rien d'évident...
Le tournoi à 2000 euros auquel on a révé de participer toute l année, pour lequel on a économisé sou après sou, arrive enfin, on stresse , on se demande: "et si je sortais au bout de 5 minutes?"
"Et si j ai les As à la première main et qu'un mec envoie tapis???"
Nous nous sommes tous à un moment ou un autre posé ce genre de questions...
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Alors que dans le tournoi à 10$ que l'on fait online pas de soucis, "je vois les As, je paye !"
Je pense, en fait, après y avoir mûrement réflechi que les deux attitudes relèvent du même type d'erreur: La prise en compte du Buy-in dans la décision...

A mon avis il s'agit toujours d'une erreur...
Les paramètres à prendre en compte sont multiples (le montant de mon stack, le tapis moyen, ma position, la cote,la connaissance que j ai des adversaires, et même parfois les cartes que j ai en main ...) Mais le buy in ne devrait jamais intervenir dans la décision, car il agit comme bloquant ou débridant et nuit alors à la qualité de la décision...
Se dire," je m en fous c'est un 2$, je paye" est une erreur, mais cela n aura pas trop d'incidence sur votre BR...
Par contre, se dire, "flûte, c'est un 1000$, je ne peux pas payer" est à mon sens une erreur beaucoup plus grave, car cela vous fera rater la bonne décision, et vous fera perdre en agressisvité, votre jeu sera plus lisible et vous perdrez enormément de chances de gain...
Et ici, ne pas gagner, reviendra à perdre votre buy in de 1000$....

Pour moi, tous les tournois doivent être joués de la même manière, et il en va de même en cash game...La décision de payer une relance ou de tenter un bluff ne doit pas être liée au montant du pot mais à la validité technique ou tactique du coup...Si c'est le buy in qui vous fait déjouer, c'est qu'il est trop important pour votre BR...Descendez de limite...

Donc mon conseil du jour sera: ne tenez jamais compte du buy in du tournoi dans votre décision...Faites abstraction de l argent qui est en jeu, concentrez-vous sur le coup, en lui même, techniquement, sur la cote du pot...Sur les tells de vos adversaires..etc...Mais oubliez le montant du buy in...Au sens Brechtien prenez de la distance par rapport au réel, oubliez le côté financier, tout au moins dans le sens "combien ça m'a couté?"

Cela vous conférera un double avantage: tout d'abord celui d'avoir un jeu toujours égal et fondé sur des facteurs rationnels, et deuxièmement cela vous permettra de dominer les joueurs qui joueront encore avec la notion de l importance du buy in et qui seront freinés par l enjeu...

Vous jouez des jetons, des morceaux de plastique, qui n'ont aucune valeur...ils en prendront à la fin, quand vous passerez à la caisse pour les échanger, ou quand on vous remettra votre prix....


Ensuite il y aura une autre étape, un retour à l argent sous la forme du calcul ICM (independant chip model), mais cela relève d'une toute autre analyse de la valeur de l argent puisqu'il ne s'agira plus d'être freiné par le coût, mais d'envisager la valeur de chaque jeton, en fonction du gain potentiel et de mon stack à un instant T...Mais nous y reviendrons dans un autre article, c'est promis !


Publié dans novembre

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didier 10/02/2010 21:43


Trés intéressant cet article. J'aime beaucoup ta réflexion sur ce sujet pleine de bon sens, je ne l'avais pas envisagé sous cet angle, je vais tacher de m'en souvenir pour mon prochain tournoi
d'envergure où effectivement j'ai tendance à sous jouer pour durer ! Malheureusement on est rarement ITM de cette façon là !
Amicalement, didier


turiaf david 20/11/2009 11:51


Mais tu te prends pour qui toi à citer du Brecht ou du Maupassant dans un article de presse? Tu peux pas citer Patrick Bruel ou Lionnel Rosso comme tout le monde. Il faut toujours que tu fasses le
malin en somme. Et pour ta gouverne, y a que les riches qui peuvent faire abstraction du buy in, sale nanti!


Phil 20/11/2009 18:11